Se sevrer du tabac avec une vapoteuse.

Quelles sont les erreurs à éviter ? En 2013, pour la première fois depuis près de dix ans, les ventes de cigarettes ont chuté de 7,6 fois.

De là à attribuer ce phénomène à l’efficacité de la cigarette électronique (ou vapoteuse), qui a connu une percée fulgurante en France en 2011, il n’y a qu’un pas. Pourtant, les études relativisant les bénéfices de cette dernière se multiplient, de même que les rumeurs sur sa toxicité. Alors, Info ou écran de fumée ? 

Vaut-il mieux remplacer d’un coup la cigarette par le vapotage ou procéder progressivement ?

Avant l’e-cigarette, la plupart des personnes désireuses d’en finir avec le tabac arrêtaient tout, tout de suite. Le sevrage était brutal. Aujourd’hui, avec la vapoteuse, plus besoin de se mettre la pression, on peut continuer de fumer et de vapo- ter simultanément. «Il est préférable d’apprendre à utili­ser correctement son nouveau matériel, de prendre plaisir à le faire, et l’usage du tabac chutera de lui-même », conseille le Dr Presles. Un, deux ou trois mois plus tard, il sera temps d’envisager un arrêt total de la cigarette. De cette manière, les risques d’échec seront moindres, comme cela a pu être constaté dans les consultations de tabacologie.

Comment choisir la bonne concentration de nicotine pour son liquide ?

Le vendeur vous demandera la marque de vos cigarettes et combien vous en fumez par jour, puis il vous fera essayer le maté­riel, avec un e-liquide dont le taux de nicotine sera adapté à votre consommation. «Surtout, testez les différents dosages [de 0 à 19,9 mg/ml] pour retenir celui qui vous donne les meilleures sensations », ajoute le Dr Presles. La bonne concentration est souvent une forte dose (conseils pratiques et indépendants sur forum-ecigarette.com). Dans la phase suivante de sevrage à l’e-cigarette, vous procéderez en diminuant progressivement la concentration de votre e-liquide et le nombre de prises.

Entre l’e-cigarette rechargeable et la jetable, laquelle choisir ?

Les tabacologues sont unanimes, les produits jetables fonctionnent moins bien que les rechargeables, quel que soit leur dosage en nicotine. Ces modèles coûtent le prix d’un paquet de cigarettes (de 7 à 10 €). Ils sont vendus dans les tabacs et les boutiques spécialisées. Aux Etats-Unis, ils constituent le marché principal. Pour autant, comme le souligne le Dr Presles, « ces produits sont peu satisfaisants pour les trois quarts des fumeurs et, sans doute, un facteur de fiasco chez beaucoup de vapoteurs. L’industrie du tabac “met le paquet” dessus, on peut donc imaginer que, en orga­nisant l’échec, elle espère récupérer ses fidèles consommateurs. Ces cigarettes jetables peuvent néanmoins se révéler utiles dans une situation : lorsque la batterie de votre e-cigarette rechar­geable est vide et que vous avez une grosse envie de fumer. Là, mieux vaut craquer sur elles que sur de vraies cigarettes. »

L’e-cigarette connectée est-elle plus efficace ?

L’informatique, rivée à la batterie, se connecte par Bluetooth ou Wi-Fi avec un smartphone ou un écran. L’e-cigarette « intelligente » permet d’évaluer sa consommation et de poser des objectifs. A conseiller aux vapoteurs expérimentés, familiarisés avec le fonction­nement de leur e-cigarette. L’avenir confirmera ou pas leur intérêt.Plusieurs rumeurs circulent à leur sujet. Ils seraient des perturbateurs endocriniens ou provoqueraient des maladies auto-immunes.

C’est faux ! Quant à la nicotine, ce serait un puissant poison (effectivement, avalée acciden­tellement et non inhalée, c’est un toxique). La dose létale pour un adulte serait de l’ordre de 500 mg à 1 g* – pas de quoi s’inquiéter si on avale un résidu de produit en aspirant trop fort. Pour les enfants, c’est une autre histoire, il y a un danger sérieux. « Toutefois, les intoxi­cations restent exceptionnelles, rassure le Dr Presles, sur la base de statistiques amé­ricaines. L’ingestion d’e liquide représente 2 appels sur 1000 dans les centres antipoison, soit 1351 intoxications accidentelles dont aucune n’a entraîné de décès. » Doit-on voir, dans ces infos qui circulent sur les réseaux, une nouvelle stratégie de l’industrie du tabac pour discréditer l’e-cigarette? Une chose est sûre, aux Etats-Unis, les ventes stagnent.

Peut-on aussi devenir accro à la cigarette électronique ?

Oui, l’e-cigarette ne déroge pas à la règle : bien que moins addictive que la cigarette, elle peut entretenir ou réveiller la dépendance, tout comme les substituts nicotiniques oraux (de 5 à 30 % d’usagers sont dépendants aux gommes). Même sans nicotine, elle peut, au travers de la gestuelle, favoriser ce qu’on appelle une dépendance comportementale.

les e-liquid sont-ils totalement inoffensifs ?

Plusieurs rumeurs circulent à leur sujet. Ils seraient des perturbateurs endocriniens ou provoqueraient des maladies auto-immunes. C’est faux ! Quant à la nicotine, ce serait un puissant poison (effectivement, avalée acciden­tellement et non inhalée, c’est un toxique). La dose létale pour un adulte serait de l’ordre de 500 mg à 1 g* – pas de quoi s’inquiéter si on avale un résidu de produit en aspirant trop fort. Pour les enfants, c’est une autre histoire, il y a un danger sérieux. « Toutefois, les intoxi­cations restent exceptionnelles, rassure le Dr Presles, sur la base de statistiques amé­ricaines. L’ingestion d’e liquid représente 2 appels sur 1000 dans les centres antipoison, soit 1351 intoxications accidentelles dont aucune n’a entraîné de décès. » Doit-on voir, dans ces infos qui circulent sur les réseaux, une nouvelle stratégie de l’industrie du tabac pour discréditer l’e-cigarette ? Une chose est sûre, aux Etats-Unis, les ventes stagnent.

Vapoter de la nicotine pendant des années est-il dangereux? « Les dangers de la cigarette électro­nique sont infini­ment moindres que ceux du tabac, puisque leur vapeur ne contient ni du monoxyde de carbone, ni des goudrons, ni des particules fines, estime le Dr Presles. S’il persiste des doutes sur la totale innocuité à long terme de certains de ses composants (propylène glycol, glycérol, arômes), ils doivent être confrontés à la certitude absolue de la dangerosité du tabac, qui fait 73 000 morts par an en France. »

Et si on vapote sans nicotine ?

Pour reprendre l’image du pneumologue, « vapoter sans nicotine, c’est rouler à 135 km/h sur l’autoroute, au lieu de 140 avec. » Même sans nicotine, vapoter n’est pas sain à 100 % à cause des additifs évoqués précédemment.

Grossit-on moins si on s’arrête de fumer avec l’e-cigarette ?

On manque encore de recul pour l’affirmer, mais il semblerait que la prise de poids soit la même qu’avec les substituts nicotiniques. Les deux tiers des candidats au sevrage – patchés ou nicotinés – prennent 3 kilos en moyenne, bien moins que les autres qui peuvent grimper jusqu’à 8-10 kilos. Néanmoins, il reste 16 % des fumeurs qui perdent du poids en cessant de fumer, sans qu’on sache pourquoi.

Le vapotage passif a-t-il des conséquences ?

Les non-fumeurs exposés à la fumée du tabac peuvent être victimes de cancer, d’infarctus ou d’AVC en fréquentant un fumeur. Avec l’e-cigarette, tous les pro­duits qui provoquent ces pathologies ont été éliminés. Il n’y a donc pas de consé­quence au vapotage passif. Toutefois, à 1 mètre de la personne, on peut inhaler des arômes et de la nicotine, sans effet biologique notable si ce n’est qu’on retrouve de la cotinine (produit de dégra­dation de la nicotine) dans les urines du non-vapoteur. C’est pourquoi on s’abstien­dra de vapoter devant un jeune enfant ou une femme enceinte, qui peut en outre être indisposée par les odeurs. En revanche, si une fumeuse attend un enfant, elle peut recourir à la vapoteuse durant sa grossesse si les substituts nicotiniques n’ont pas marché.

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